Familles & aînés
Garde alternée : qui fait les trajets de l’enfant, et peut-on les confier à quelqu’un d’autre ?
La question revient à chaque séparation, et la réponse surprend : aucun texte ne désigne le parent qui fait la route. La loi fixe où l’enfant réside, pas qui conduit. Tout se joue donc dans ce que les parents écrivent, ou dans ce que le juge reprend de leur accord. Voici ce qu’il faut prévoir, et à quelles conditions une autre personne peut faire le trajet à votre place.

Ce que la loi prévoit sur les trajets : rien
En cas de séparation, l’enfant peut résider en alternance au domicile de chacun des parents, ou chez l’un d’eux, l’autre bénéficiant d’un droit de visite et d’hébergement. Ce sont d’abord les parents qui choisissent, et le juge aux affaires familiales ne tranche qu’en cas de désaccord, dans l’intérêt de l’enfant.
En revanche, ni la résidence alternée ni le droit de visite ne disent qui prend le volant, ni qui paie l’essence. C’est un angle mort, et c’est précisément là que les tensions s’installent : le trajet du vendredi soir n’est écrit nulle part, il se renégocie chaque semaine, et il tombe au pire moment.
Ce qu’il faut écrire noir sur blanc
Que vous passiez par une convention parentale ou par le juge, quatre lignes évitent des mois de discussions :
- Qui va chercher et qui ramène. L’usage le plus répandu est que le parent qui accueille l’enfant vient le chercher, mais ce n’est qu’un usage : écrivez le vôtre.
- Le lieu et l’heure exacts du passage, en semaine comme pendant les vacances scolaires, périodes où les plannings se chevauchent le plus.
- Le partage des frais de déplacement, surtout quand les deux domiciles sont éloignés.
- Ce qui se passe en cas d’empêchement : qui prévient qui, dans quel délai, et qui peut assurer le trajet à la place.
Notre conseil : cette dernière ligne est celle qu’on oublie, et c’est celle qui sert le plus souvent.
Peut-on confier le trajet à quelqu’un d’autre ?
Oui, et c’est courant : un grand-parent, une voisine, une assistante maternelle, un chauffeur. Deux précautions suffisent, mais elles ne sont pas facultatives.
L’accord des deux parents, par écrit. Tant que l’autorité parentale est exercée en commun, une décision qui engage l’organisation de l’enfant ne se prend pas seul dans le dos de l’autre. Un courriel clair, accepté par les deux, évite d’avoir à s’expliquer plus tard.
La déclaration à l’école. À l’école maternelle, les élèves sont repris par les personnes responsables légales ou par « toute personne nommément désignée par elles par écrit au directeur d’école ». Autrement dit : si le chauffeur, la voisine ou la tante ne figure pas sur la liste écrite remise à l’école, l’enfant ne lui sera pas confié, et l’école aura raison.
À l’école élémentaire, la sortie est surveillée jusqu’à la limite de l’enceinte scolaire, et au-delà « les parents assument la responsabilité de leur enfant ». La liste écrite reste donc la bonne pratique, même quand l’école ne la réclame pas : c’est elle qui dit qui a le droit de repartir avec votre enfant.
Trois points à vérifier avant de confier un trajet
- Le siège. Un enfant de moins de 10 ans doit être attaché dans un dispositif de retenue homologué adapté à sa morphologie. Une dispense existe, mais elle vise le taxi et les transports en commun : la voiture avec chauffeur n’y figure pas. Le siège adapté est donc la règle, et le manquement est puni d’une amende forfaitaire de 135 €, pouvant aller jusqu’à 750 €.
- L’assurance. Conduire régulièrement l’enfant d’autrui n’entre pas forcément dans un contrat d’assurance familial ordinaire. Un professionnel, lui, doit être assuré pour le transport de personnes à titre onéreux, et vous pouvez lui demander son attestation.
- La personne, pas la plateforme. Un enfant ne monte pas volontiers dans la voiture d’un inconnu, et il a raison. Rencontrer le conducteur avant le premier trajet n’est pas un détail de confort : c’est ce qui fait que l’enfant monte sans se retourner.
Les cas qu’on nous confie le plus souvent à Lyon
- Le passage du vendredi, d’une maison à l’autre, quand les deux parents travaillent jusqu’à 18 h et habitent à vingt minutes l’un de l’autre.
- Deux domiciles, une seule école : l’enfant dort à Villeurbanne une semaine, à Écully la suivante, et la classe ne change pas.
- Les vacances scolaires, où le planning de garde change et où les activités remplacent l’école.
- Une seule activité pour deux maisons : le judo du mercredi reste au même endroit, quelle que soit la semaine.
Avec PRIVVERT
Nous attribuons un chauffeur à la famille, et il ne change pas. Avant le premier trajet régulier, vous le rencontrez avec votre enfant, quinze minutes, sans frais. Pour une garde alternée, cela veut dire une seule personne pour les deux maisons, le même visage quelle que soit la semaine.
Ce que nous demandons : l’accord écrit des deux parents, et le nom du chauffeur ajouté à la liste des personnes autorisées par l’école. Ce que nous apportons : le siège adapté à l’âge de l’enfant, un prix calculé et figé au moment de la réservation, et un message à chaque dépose, qui peut partir aux deux parents.
Les trajets se réservent dans l’application, une fois ou chaque semaine, et une date peut être annulée sans toucher aux autres. Voir les trajets pour enfants.
À retenir
- Aucun texte ne désigne le parent qui fait la route : la loi fixe la résidence, pas les trajets.
- L’usage le plus répandu est que le parent qui accueille vient chercher l’enfant, mais ce n’est qu’un usage.
- Écrivez dans la convention : qui conduit, où, à quelle heure, qui paie, et ce qui se passe en cas d’empêchement.
- Un tiers peut faire le trajet, avec l’accord écrit des deux parents.
- En maternelle, l’enfant n’est remis qu’aux responsables légaux ou aux personnes désignées par écrit au directeur.
- Avant 10 ans, siège homologué obligatoire : la dispense vise le taxi et les transports en commun, pas la voiture avec chauffeur.
Sources
- Justice.fr, résidence de l’enfant en cas de séparation des parents (mise à jour du 18 juillet 2025)
- Règlement type départemental des écoles maternelles et élémentaires publiques, circulaire n° 2014-088 du 9 juillet 2014 (Bulletin officiel n° 28 du 10 juillet 2014)
- Service-Public.fr, ceinture de sécurité et siège auto, règles pour circuler en voiture (vérifié le 3 octobre 2025)
- Service-Public.fr, droit de visite et d’hébergement en cas de séparation des parents
Informations vérifiées le 14 octobre 2026 auprès de Justice.fr, du Bulletin officiel de l’éducation nationale et de Service-Public.fr. Elles ne remplacent pas l’avis d’un avocat : chaque convention parentale et chaque décision de justice est particulière.
Par Steve Tiambo, chauffeur et fondateur de PRIVVERT, à Vénissieux.
Lire aussi